Jeudi dernier avait lieu l’événement Sharing Lille, une initiative ayant pour but de réfléchir autour de l’économie collaborative au service des villes. Le nombre de participants présents à Euratechnologie, qui accueillait l’évènement, témoigne de l’intérêt des professionnels et des particuliers pour ces nouvelles formes de partage.

L’économie collaborative s’est beaucoup invitée dans l’espace médiatique ces derniers temps. Pour preuve, Blablacar ou AirBnB deviennent des sujets privilégiés de la presse quotidienne jusqu’aux magazines réservés aux professionnels. La collaboration n’est pourtant pas qu’une logique marketing ou un business model. Sharing Lille nous l’a rappelé hier, en invitant sur cette même thématique start-ups, grandes entreprises, associations et particuliers. 

La démarche est interessante et formatrice. L’économie collaborative permet d’envisager une nouvelle vague créative en matière d’économie et de développement durable . Mais elle offre aussi un remodelage des barrières sociales. Expliquons-nous simplement : la collaboration que Sharing Lille nous présente revisite de la notion du partage.

Le choix du lieu n’est d’ailleurs pas un hasard. Pour sa première édition, Sharing Lille s’est implanté à Euratechnologie, l’un des incubateurs les plus important de la région, qui représente parfaitement les efforts de la métropole dans l’accompagnement des start-ups et la transition vers l’industrie numérique.

Les conférences étaient retransmises sur écran géant
Photo : KEYUZ / Présentation d’Armel le Coz

Multiplicité et variété des points de vue 

Sharing Lille, c’est avant tout des conférences autour des thématiques de la collaboration, du développement durable ou de la citoyenneté. Elles sont réalisées par des philosophes, des chercheurs ou des entrepreneurs, chacun ayant été confronté à un moment ou un autre à ces thématiques. L’ensemble est finalement très hétérogène, mais c’est surement ce qui fait le succès de l’évènement : de l’agro-alimentaire à la démocratie participative, chacun y trouve son compte. On retrouve à l’événement autant d’étudiants que de jeunes entrepreneurs. Pour compléter les débats, des ateliers ont lieu ponctuellement et mettent en avant des problématiques en simulant la coopération dans des situations réelles, dans un contexte de partage d’énergie entre résidents d’un immeuble par exemple. La sensibilisation à ces méthodes fait son effet.

La journée était animée par des débats variés
Photo : KEYUZ / De gauche à droite : Arthur DeGrave, Marie-Caroline Bonnet-Galzy et Armel le Coz

Le collaboratif comme nouveau modèle économique 

Le partage est une thématique abordée dans l’économie depuis un certain moment déjà, surtout au niveau associatif. Mais il s’intègre de plus en plus dans le monde des particuliers, comme des entreprises. A l’image de Mon p’ti voisinage, un réseau social permettant par exemple le prêt de matériel au niveau local. On apprenait également lors des conférences que les logiciels libres , comme la suite LibreOffice, sont aujourd’hui les outils les plus importants en terme d’usage sur le marché. On peut l’expliquer du fait de leur cout faible, de leur transparence et de la possibilité de profiter des ajouts de chacun.

Ces informations confirment l’importance de l’échange et du partage dans l’économie actuelle: partage des biens matériels, mais aussi des connaissances et des savoir-faire. Dans le monde de l’entreprise, le défi est de stimuler ces échanges d’expertise : la co-création tend à devenir un modèle de création de produits et services. C’était l’un des autres défis de Sharing Lille : sensibiliser aux solutions méthodologiques pour ces problématiques de co-design. Dans ces méthodologies, nous pouvons prendre l’exemple du Design Thinking, méthode centrée sur l’humain facilitant la co-création.

Sharing Lille pousse sa réflexion au niveau politique. Outre les méthodes abordées, l’évènement sensibilise au rôle et à la place de chacun en tant que citoyen, acteur de l’économie et de l’espace social. Le mouvement collaboratif est partout, et il est nécessaire de le connaitre pour ne pas manquer un tournant économique qui pourrait s’avérer majeur.

Aujourd’hui, les services publics ne doivent plus avoir peur de se tourner vers des start-ups afin de construire ensemble un nouveau mode de collaboration ou le citoyen est au centre.

 

Crédit photo de couverture : OuiShare

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